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lundi 16 septembre 2013

L'Impératrice

L'éternel instant contient toutes les possibilités. Chaque événement est déjà arrivé un million de fois. Tout ce qu'il reste à faire, ce sont les choix de perception.  Tout est question de perception. Lorsque nous changeons la perception, nous modifions la pensée, qui crée la réalité. Quel que soit le résultat, il est déjà là. Tout ce que nous avons à faire, c'est de le percevoir et ainsi de bons résultats seront obtenus grâce à la volonté et à l'intelligence. La carte de l’Impératrice et celle de la bonne entente, du dialogue et des solutions qui sont trouvées dans des discussions fécondes.

L'Impératrice correspond au nombre 3, qui est un nombre sacré et universellement fondamental. On le retrouve partout. Il fait bien sûr référence à Dieu qui est trois et un à la fois. C'est l'addition de 1 + 2 soit de l'unité et de la dualité. C'est un nombre fécond par excellence qui traduit la sphère intellectuelle et spirituelle. Il est aussi l'expression de l'achèvement, de tout ce qui est parfait, de l'Unité Divine qui possède les vertus en incarnant l'intelligence, le discernement, l’intuition, l’observation et le savoir.
Le temps est également trois : la passé, le présent et le futur. Les trois niveaux de la vie sont représentés par la matière, le spirituel et le divin.

Dans le carte de l’Impératrice l’enjeu est surtout de savoir écouter, et de savoir parler, ce qui suppose un respect des attentes d’autrui. C'est l’art de se mettre à la portée de l’autre afin de donner les réponses que l’on est capable de donner, pour partager ce que l’on est capable de partager. L'art de parler est fondé sur l’art d’écouter. Or l’écoute de l’autre nous révèle des différences et il faut évidemment laisser de côté les étiquettes toutes faites parce que derrière les étiquettes il y a le caractère unique de chaque personne qui rend toutes les comparaisons impossibles.

La compréhension de l’autre, c’est écouter une parole qui s’exprime dans ses propres mots et ce partage se  réalise dans le dialogue.

Si les intentions se développent dans les paroles, elles percent aussi entre les mots. Si le discours a son sens, les silences entre les mots ont aussi une éloquence. Comprendre l’autre, ce n’est pas seulement comprendre ce qu’il dit, c’est aussi comprendre ce qu’il ne dit pas mais qui s’exprime aussi en lui.

Ce que nous oublions trop souvent, c'est que toute relation humaine est une nourriture, une nourriture pour le cœur et pour l'esprit. Nous avons constamment à apprendre des autres et c'est pourquoi nous devons garder cette ouverture qui nous permet de nous laisser surprendre. 

Écouter ce que l’autre a à nous dire c’est aussi aider l’autre à faire son chemin dans le langage, à trouver les mots pour dire ce qui a besoin d’être dit pour être compris.

Septembre 2013

vendredi 6 septembre 2013

La Papesse

Soyez heureux : tout va mal je viens de tirer la carte de la Papesse à l’envers en ce soir de nouvelle Lune. Il n'est sans doute pas inutile, de vous rappeler quand la confusion et la manie de l'amalgame vous prend, vous devez prendre un peu de distance malgré l'amour que vous lui portait. La singularité de la Papesse est un peu dérangeante. En effet elle concentre en elle tous les opposés de l'arcane. Tiré à l'endroit elle est passive, inerte, mesquine, et vengeresse. Tiré à l'envers comme je viens de le faire elle annonce généralement le blocage d'une situation qui dépend seulement de sa volonté.

Je n'en tire pas un argument pour m'élever contre elle, mais j'y vois une illustration de ce qu'elle a comme ambiguïté en la plaçant plutôt en tant qu’observatrice, qu'en être actif à l'opposé du Bateleur. Elle est peut être la gardienne du secret, mais pour connaître son mystère, il vous faut parcourir un long chemin initiatique qui ne réside pas seulement dans le savoir mais aussi dans la douleur qui se cache dans ses propres angoisses. Cependant elle arrive malgré tout à vous montrer, en quel sens chacun est créateur de sa propre vie, mais en même temps, elle porte aussi en elle la trace compulsive d'un passé qui ne cesse de revenir avec l'impossibilité de guérir.

La Papesse est immobile dans sa position assise, malgré qu’elle soit dite, la plus libre dans le jeu. Son passage entre la terre et le ciel fait partie de son message indéfini. La carte de la Papesse représente une femme sans âge et passive. Son immobilité physique se retrouve partout. Aucun mouvement et beaucoup d’incertitudes sentimentales. Si vous l’avez tiré à l'envers, vous aurez à faire à une personne dissimulatrice qui ne peut dire la vérité, parce qu’elle n'est jamais toute entière dans le discours qu'elle s'exprime.

Je sens bien qu’il n’y a pas d'équivalence, et qu'il paraît tout naturel ou logique, qu’une idée vraie ne donne de résultat satisfaisant, que si elle entre en contradiction avec la réalité. Quand la connaissance est à la base de l’action, si celle-ci est faussée, elle engendre une action faussée qui mène à l’échec.

La Papesse tient un livre sur ses genoux, mais bien qu'il soit ouvert, c'est à dire présenté à tous, on ne peut le pénétrer. Son écriture permet l'analyse pour dépasser une vision synthétique et intuitive, mais philosophiquement tout est à reprendre dans les détails pour donner plus de d'approfondissement. Dans l’histoire des sciences on a vu des idées vraies qui ont sur le moment échoué, parce qu’elles ont été mal appliquées ou mal comprises. 

J’aime la carte de la Papesse mais il ne faut pas, pour seul bénéfice, susciter la bonne volonté, et confondre une orientation tactique de l’action avec les exigences de la vérité. 

La vérité n’est pas une stratégie d’action, mais la connaissance qui éclaire l’action. 

Septembre 2013

lundi 26 août 2013

Le Bateleur

Après la Rééducation du fou, la vie ne sera pas changée pour autant. C’est-à-dire que, les problèmes demeureront: si une civilisation n’évolue pas, et empêche les âmes d’évoluer, tous les problèmes existeront toujours.

Pour celui qui va comprendre, il devra construire autre choses. C’est le commencement, le début, le passage d’une existence à une autre. C’est comme le Bateleur qui commence un nouveau cycle. Il construit malgré toutes les épreuves. Rien n’est facile, mais il ose, il doit se battre contre une multitude de choses, contre le vieux système, contre l’ignorance, contre le matérialisme, la méchanceté des hommes. Mais si il persiste tout à lieu. C’est dans la persistance, la persévérance que le Bateleur établit le royaume.  Si vous savez être, vous saurez bâtir le nouveau monde, sinon, vous ne le saurez pas.

Un projet permet la projection du sens. Un projet, c’est ce qui fait que je ne suis pas seulement là, comme un pot de fleur, mais que je suis là pour quelque chose ou beaucoup mieux : un projet se construit surtout pour quelqu’un. Un projet n’est pas un désir superficiel, ni un simple choix. Le projet enveloppe autrui dans la construction d’un monde commun. Un projet, cela vous sort de l’absurdité de la vie.

Si moi, existence indigente et vide, je peux mentalement me projeter, je peux aussi me donner des raisons d’exister par rapport à l’autre. Je me donne du sens en me donnant un rôle. Je ne laisse plus ma liberté à elle-même, sinon elle s’effondre.

Il faut m’engager d’une manière ou d’une autre pour m’accomplir. Sinon c’est la noyade, l’effondrement dans l’absurde.



Je ne veux pas dire que les problèmes ne sont pas à considérer. Il faut les considérer car on ne vit pas que de l’air du temps et les yeux dans le ciel. On vit aussi de choses très concrètes, très structurées, et il ne faut pas courir se pendre, parce que du jour au lendemain il n’y a plus d’argent ou de travail.

La vie continue, la vie persiste, la vie est une énergie inépuisable, et c’est avec cette même force inépuisable que l’homme doit continuer à travers les changements, à croire dans la vie. 

Si demain vous ne croyez plus en votre vie, parce que cela, ou parce que ceci, vous ne serait pas initié à la force de la vie. Mais si malgré tous ces problèmes, malgré le Chaos vous prenez votre force en main et vous essayez de bâtir le nouveau monde, vous montrerez que vous êtes.

B.B © Août 2013

mardi 20 août 2013

Le Mat ou la rééducation du fou.

Nous nous servons dans le langage courant du terme de fou, à tort et à travers. Le fou renvoie toujours à des exemples extrêmement différents, et même les psychiatres s’en méfient. La question est donc de savoir de quel point de vue on peut parler de folie.

On dit que l’homme normal se comporte suivant une règle admissible, droite, et par une bonne sociabilité, voire même par le conformisme, tandis que le fou dévie souvent de la règle. Le fou à un comportement inadmissible et se rend incapable de s’insérer dans la société, de s’y adapter et de se conformer à la règle du grand nombre. La folie serait une forme extrême d’inadaptation de l’être humain.  

Le fou c’est un peu comme le Mat qui traverse toutes les étapes de la vie. Il avance d'un pas décidé, il semble partir pour explorer des pays inconnus avec son bâton de pèlerin jaune qui marque ses pas avec l'énergie qu'il puise de la terre dans une relation d'essence divine. Il donne l'impression d’être un marginal, un original exclu de l'ordre établi, il cultive sa différence, il est hors normes. Il se déplace avec détermination. La légende dit que Le Mat est libre dans sa conscience, il possède une intelligence divine sous son chapeau jaune, il est illuminé, il a acquis un niveau de la connaissance supérieure, tout comme La Papesse. Il dépasse le cadre de l'arcane, sa spiritualité est d'ordre supérieur.

Mais bien sûr tout cela reste une hypothèse qui dépend de la place que l'on donne au Mat dans le jeu.  Ce qui est clair c’est qu’il est exclu du jeu. On le retrouve par terre sous la table, il est blessé, il est différent des autres, il expose sa blessure. C'est de cet angle que Le Mat est la carte de tous les exclus, des marginaux, des incompris, et des mal aimés. Il ne possède rien, seulement son baluchon avec lequel il repart vers l'inconnu. Il s'oppose à l’injustice du monde, et au pouvoir de l'ordre établi. Il clash quand il se sent méprisé.

Soyons honnêtes Se conformer à un monde lui-même chaotique et insensé, cela a-t-il vraiment un sens ? A-t-on plus de raison à vouloir se conformer à la folie du monde qu’à vouloir s’en distinguer ?

Définir la rééducation du fou par le conformisme ne poserait aucun problème si la société était elle-même globalement équilibrée et saine d’esprit. 

Août 2013 
Image: Le Mat