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mardi 20 août 2013

Le Mat ou la rééducation du fou.

Nous nous servons dans le langage courant du terme de fou, à tort et à travers. Le fou renvoie toujours à des exemples extrêmement différents, et même les psychiatres s’en méfient. La question est donc de savoir de quel point de vue on peut parler de folie.

On dit que l’homme normal se comporte suivant une règle admissible, droite, et par une bonne sociabilité, voire même par le conformisme, tandis que le fou dévie souvent de la règle. Le fou à un comportement inadmissible et se rend incapable de s’insérer dans la société, de s’y adapter et de se conformer à la règle du grand nombre. La folie serait une forme extrême d’inadaptation de l’être humain.  

Le fou c’est un peu comme le Mat qui traverse toutes les étapes de la vie. Il avance d'un pas décidé, il semble partir pour explorer des pays inconnus avec son bâton de pèlerin jaune qui marque ses pas avec l'énergie qu'il puise de la terre dans une relation d'essence divine. Il donne l'impression d’être un marginal, un original exclu de l'ordre établi, il cultive sa différence, il est hors normes. Il se déplace avec détermination. La légende dit que Le Mat est libre dans sa conscience, il possède une intelligence divine sous son chapeau jaune, il est illuminé, il a acquis un niveau de la connaissance supérieure, tout comme La Papesse. Il dépasse le cadre de l'arcane, sa spiritualité est d'ordre supérieur.

Mais bien sûr tout cela reste une hypothèse qui dépend de la place que l'on donne au Mat dans le jeu.  Ce qui est clair c’est qu’il est exclu du jeu. On le retrouve par terre sous la table, il est blessé, il est différent des autres, il expose sa blessure. C'est de cet angle que Le Mat est la carte de tous les exclus, des marginaux, des incompris, et des mal aimés. Il ne possède rien, seulement son baluchon avec lequel il repart vers l'inconnu. Il s'oppose à l’injustice du monde, et au pouvoir de l'ordre établi. Il clash quand il se sent méprisé.

Soyons honnêtes Se conformer à un monde lui-même chaotique et insensé, cela a-t-il vraiment un sens ? A-t-on plus de raison à vouloir se conformer à la folie du monde qu’à vouloir s’en distinguer ?

Définir la rééducation du fou par le conformisme ne poserait aucun problème si la société était elle-même globalement équilibrée et saine d’esprit. 

Août 2013 
Image: Le Mat