Nous nous servons dans le langage courant du terme de
fou, à tort et à travers. Le fou renvoie toujours à des exemples extrêmement
différents, et même les psychiatres s’en méfient. La question est donc de
savoir de quel point de vue on peut parler de folie.
On dit que l’homme normal se comporte suivant une règle
admissible, droite, et par une bonne sociabilité, voire même par le
conformisme, tandis que le fou dévie souvent de la règle. Le fou à un
comportement inadmissible et se rend incapable de s’insérer dans la société, de
s’y adapter et de se conformer à la règle du grand nombre. La folie serait une
forme extrême d’inadaptation de l’être humain.
Le fou c’est un peu comme
le Mat qui traverse toutes les étapes de la vie. Il avance d'un pas
décidé, il semble partir pour explorer des pays inconnus avec son bâton de
pèlerin jaune qui marque ses pas avec l'énergie qu'il puise de la terre
dans une relation d'essence divine. Il donne l'impression d’être un
marginal, un original exclu de l'ordre établi, il cultive sa différence, il est
hors normes. Il se déplace avec détermination. La
légende dit que Le Mat est libre dans sa conscience, il possède une
intelligence divine sous son chapeau jaune, il est illuminé, il a acquis un
niveau de la connaissance supérieure, tout comme La Papesse. Il dépasse le
cadre de l'arcane, sa spiritualité est d'ordre supérieur.
Mais bien sûr tout cela reste une hypothèse qui dépend de
la place que l'on donne au Mat dans le jeu. Ce qui est clair c’est
qu’il est exclu du jeu. On le retrouve par terre sous la table, il est blessé,
il est différent des autres, il expose sa blessure. C'est de cet angle que Le
Mat est la carte de tous les exclus, des marginaux, des incompris, et des mal
aimés. Il ne possède rien, seulement son baluchon avec lequel il repart vers l'inconnu. Il s'oppose à l’injustice du monde, et au pouvoir de l'ordre
établi. Il clash quand il se sent méprisé.
Soyons honnêtes Se conformer à un monde lui-même
chaotique et insensé, cela a-t-il vraiment un sens ? A-t-on plus de raison à
vouloir se conformer à la folie du monde qu’à vouloir s’en distinguer ?
Définir la rééducation du fou par le conformisme ne poserait
aucun problème si la société était elle-même globalement équilibrée et saine d’esprit.
Août 2013
Image: Le Mat
